9/3/06 08:37 pm
Dina est morte. Dina la plantureuse, Dina l'italienne, Dina et son enfance à Padova, Dina que la misère pousse à venir en France, Dina qui dans les années 40 fabrique des chapeaux de feutre. Dina la fille à soldats, dragueuse, peut etre, allumeuse, on le dit d'elle, la seule chose de sur c'est qu'elle a des jolies formes et qu'elle aime plaire aux garcons.
Dina elle choque et se sépare de sa famille, elle laisse un souvenir amer, violent, sa petite soeur la jalouse en secret, trop maigre et trop avare de son corps. Elle aimerait bien, elle aussi, aller au bal, mais ne sachant le faire, elle s'autoproclame saint gardienne de la morale chrétienne. Quel ennui.
Dina qui épouse un francais, on dit de lui qu'il est rasciste, qu'il n'aime pas les "macharoni", ces "sales ritals". Les italiens se choquent, s'offusquent, les Filippi épousent des italiens, et du nord, s'il vous plait! "Les français ne nous aiment pas, les français sont rascistes!"
Plus tard, les Filippi, grande famille plutot artiste, peuplée de peintres et de sculpteurs, de voyageurs insatiables, ils deviendront français, ils oublieront la misère et le fascisme qu'ils ont laissés de l'autre coté des Alpes.
Et Dina, toujours seule, toujours oubliée des grandes fêtes de famille, la soeur toujours fantasmée, admirée et méprisée, salie.
"Toi, tu ressembles à la Dina.."C'est vrai que je lui ressemble, physiquement, presque la même. L'éternel repproche familial, qui tombe comme une sentence, parceque je n'ai pas le physique qu'il faut, je ne fais pas les études qu'il faut. Parceque c'est la manière la plus cruelle de m'humilier en public. Cruelle pas pour moi, pour eux. Ils me regardent bouger et ils voient Dina, quand ils me trainent dans la boue c'est Dina qu'ils salissent, les souvenirs douloureux que j'éveille en eux.
Aujourd'hui leurs larmes, parceque le temps perdu ne se rattrape pas. Des regrets pleins la voix, détruits, ils sont. Ils repensent à l'Italie, ils repensent à l'époque ou Dina aguichait les garçons, ils se disent que ce n'était pas si grave, qu'ils auraient du lui pardonner.
Dina, moi j'apellerais ma fille Dina, si j'en ai une un jour.